Le canal lombaire étroit

Le canal lombaire est plus couramment appelé « canal rachidien rétréci », « sténose du canal lombaire » ou aussi « syndrome de rétrécissement du canal rachidien ». Les problèmes qui surviennent au canal lombaire étroit sont en fait un rétrécissement de l’espace qui se situe entre les vertèbres lombaires. Dans cet espace, aussi appelé «cul-de-sac dural», il y a de multiples racines nerveuses lombaires et sacrées. Cet ensemble forme alors un important tas de racines, que l’on appelle: queue-de-cheval , et qui va fournir aux membres inférieurs, tels que, les organes pelviens et le périnée, un accès aux différents nerfs.

Généralement, dans le canal lombaire, les racines sont tranquillement libres, alors, toute compression de ce canal peut provoquer un syndrome de la queue de cheval. En temps normal, le diamètre intérieur du canal lombaire est supérieur à 15 mm. Alors que derrière, il n’est que de 13 mm, on considère donc que nous sommes en présence d’un canal lombaire étroit.

Chaque année en France, de nombreuses personnes sont touchées par des problèmes au canal lombaire étroit. De plus, 15% des douleurs provenant de l’irritation d’une racine nerveuse proviennent d’une anomalie au canal lombaire étroit.

Qui est concerné par le canal lombaire étroit ?

Les problèmes liés au canal lombaire étroit proviennent très souvent d’arthrose.

Les symptômes de ce canal débutent, en général, vers la soixantaine d’années. Les plus touchés sont les hommes ou les personnes pratiquant une activité à risques. Ce rétrécissement au niveau des lombaires peut avoir diverses origines, que nous classifié :

  • Sténose congénitale . Cette anomalie est présente dès la naissance, elle est généralement liée à un épaississement de certaines régions vertébrales. Cependant, elle peut tout à fait se révéler seulement à la fin de la vie d’une personne, à cause de certains facteurs aggravants tels que l’arthrose par exemple.
  • Spondylolisthésis, qui correspond au glissement d’une vertèbre lombaire sur une autre,
  • Hernie discale,
  • Fractures et tassements vertébraux,
  • Arthrose . Les « becs de perroquet » qui vont se développer dans le canal lombaire,  devant la queue-de-cheval. L’arthrose est également la cause la plus fréquente des problèmes au canal lombaire étroit.
  • Hypertrophie des ligaments jaunes,
  • Une trop forte dose de graisse dans le canal lombaire,
  • Hyperlordose , qui est une exagération de la cambrure lombaire, et qui augmente considérablement les symptômes,
  • Efforts inconsidérés au niveau du dos dans diverses activités physiques quotidiennes (jardinage, déménagement, bricolage, rangement…).

D’autres causes plus rares peuvent provoquer un canal lombaire étroit :

  • Abcès et infections,
  • Achondroplasie (nanisme),
  • Maladie des os, par exemple, la maladie de Paget,
  • Tumeurs bénignes (neurinomes, méningiomes…),
  • Brucellose ( infection bactérienne)
  • Acromégalie (trouble endocrinien)
  • Angiomes (malformations artério-veineuses),
  • Radiothérapie(pour cancer digestif, cancer prostatique …),
  • Cancer (primaire, métastases),
  • SIDA,
  • Hématomes,
  • Ostéome ostéoïde (cancer de l’os),
  • Spondylarthrite ankylosante…

Quels sont les symptômes du canal lombaire étroit ?

Le syndrome du canal lombaire peut être très grave chez certaines personnes et peut même entraîner la paralysie dans certains cas.

Bien qu’ils soient variés, les symptômes du canal lombaire étroit sont révélateurs. Le rétrécissement de ce canal se manifeste en premier lieu par des lombalgies ou des sciatiques à répétition. Les symptômes sont très gênants car ils créent une sensation particulières dans les cuisses et les jambes, notamment en position debout, obligeant la personne touchée à se reposer. Cela se nomme dans d’autres termes: la claudication intermittente.

Des douleurs peuvent également faire leur apparition sur les fesses et au niveau du périnée. Une faiblesse musculaires assorti à des fourmillements dans les jambes doivent alerter le patient. Après un trop long moment, les membres inférieurs et le périnée seront anesthésiés. Il s’agit là du « syndrome de la queue-de-cheval ».

Les troubles sphinctériens (difficultés à uriner, à déféquer, incontinences, rétention d’urines) sont les signes que vous souffrez du canal lombaire étroit dans sa forme la plus avancée. Ceux-là doivent vous alerter rapidement afin que vous alliez consulter un médecin dans les plus brefs délais.

D’autres signes peuvent altérer le diagnostic, lorsqu’ils surviennent seuls :

  • Frigidité (anesthésie des organes génitaux),
  • Amyotrophie de la cuisse ou du mollet (diminution du volume),
  • Anesthésie de l’intérieur des cuisses,
  • Érection transitoire à la marche,
  • Impuissance et troubles de l’éjaculation,
  • Mictions impérieuses,
  • Diminution des sensations de défécation ou de miction,
  • Anesthésie du pourtour de l’anus, ou des organes génitaux,
  • Douleurs à l’hyper extension du dos.

Comment se fait le diagnostic du canal lombaire étroit?

Si vous cherchez à savoir si vous êtes victimes du canal lombaire étroit, les radiographies classiques ne sont pas très efficaces.

Qui consulter ? Vous pouvez consultez un médecin généraliste, voire un radiologue, afin d’émettre un diagnostic. Puis, vous pouvez consulter un rhumatologue lorsque des infiltrations sont nécessaires, et enfin, vous pouvez faire appel à un chirurgien pour avoir un avis chirurgical.

Quel est l’examen de référence ? Le diagnostic est clinique. Cependant, vous passerez quand-même des examens d’imagerie, qui vont confirmer le diagnostic de l’examen clinique et éliminer la peur d’avoir d’autres pathologies, aux symptômes similaires. Ils vont aussi préciser la nature du rétrécissement. Cette précision est cruciale car elle va déterminer le traitement à suivre :

  • IRM
  • Myélographie (injection d’un produit de contraste autour de la moelle épinière), pratiquée surtout lorsqu’on recherche une compression en condition dynamique : assise, debout en hyper-extension, allongé…
  • Scanner sans injection.

Peut-on prévenir le canal lombaire étroit ?

Vous pouvez calmer les douleurs en marchant dans la position « du caddie« , c’est à dire, marcher penché en avant, comme lorsque l’on pousse un Caddie.

Si on ne peut prévenir l’apparition du canal lombaire étroit vous pouvez en revanche agir sur tous les facteurs qui pourrait vous créer cette pathologie: le port de charge lourde, la position de conduite, l’excès de poids abdominal, la position en hyper-extension dans les activités professionnelles, certains sports trop physiques..

Quels sont les principaux traitements du canal lombaire étroit ?

Le traitement médical vise à diminuer les douleurs. Il comporte :

  • Du repos en position allongée,
  • Des séances de rééducation par kinésithérapie (apprentissage d’une position en cyphose),
  • Des antalgiques et anti-inflammatoires,
  • Des infiltrations de corticoïdes au pourtour de la queue-de-cheval,
  • Le port d’un corset rigide, aussi appelé lombostat, qui limite l’hyper-lordose.

Le traitement chirurgical par mini-invasion doit être réalisé seulement en cas d’échec du traitement médical.

Il s’agit d’une chirurgie de décompression ou laminectomie décompressive : cette intervention sert à agrandir le canal rétréci, et ainsi, à libérer toutes les racines comprimées. De plus, cette chirurgie permet à plus de 80% des personnes d’obtenir des résultats concluants. Le bénéfice de la chirurgie n’est réellement présent que vers 4 à 6 mois environ.

Il est bon à noter que la régression des lombalgies, quant à elle, est plus lente.