1) Définition

Le spondylolisthésis lombaire est le nom qu’on donne lorsqu’une vertèbre lombaire se décale en avant ou vers le bas (par rapport à la vertèbre qui se situe sous elle). Ce déplacement entraîne généralement un mouvement de toute la colonne vertébrale. Généralement, on décline le spondylolisthésis en quatre stades en fonction de la gravité du déplacement, sachant que le plus grave correspond à la chute de la vertèbre dans le bassin.

2) Les trois types de spondylolisthésis

Tout d’abord, il existe un spondylolisthésis par lyse isthmique qui peut toucher entre 4 et 8% de la population. Souvent, ce sont les cinquième et dernière vertèbre qui sont touchées, et ce spondylolisthésis est dû à la fracture de l’isthme (pont osseux entre les vertèbres), d’où son nom. Généralement, le disque qui se trouve entre les deux vertèbres est comprimé entre ces dernières, entraînant ce que l’on appelle une discopathie associée.

Ensuite il y a le spondylolisthésis lombaire dégénératif, qui est souvent entraîné par une arthrose des articulations. Dans ce cas-ci, ce sont les quatrième et cinquième vertèbres qui sont touchées. Mais dans le cas d’un spondylolisthésis lombaire dégénératif, le glissement de la vertèbre est rarement important. Encore une fois, le disque qui se trouve entre les deux vertèbres peut se retrouver écrasé et comprimé, et donc on retrouve une discopathie associée.

Et pour finir, le spondylolisthésis lombaire dysplasique vient d’un problème congénital. C’est la forme de spondylolisthésis la plus rare.

3) Les causes de spondylolisthésis

Malgré ce que l’on pourrait penser, le spondylolisthésis lombaire par lyse isthmique n’est pas dû à un seul problème qui a eu lieu dans l’enfance, mais c’est plutôt des petits traumatismes répétés au niveau de l’isthme qui peuvent entraîner ce problème. Ainsi, c’est une fracture de fatigue de l’isthme qui entraînera le spondylolisthésis.

Le deuxième type de spondylolisthésis dont nous vous avons parlé est généralement dû à un problème d’arthrose qui a des répercussions sur la colonne vertébrale.

Et enfin, le spondylolisthésis lombaire dysplasique est dû à une malformation dans la colonne vertébrale, notamment au niveau la dernière vertèbre.

4) Poser le diagnostic d’un spondylolisthésis

La plupart du temps, c’est grâce à une radio du rachis qu’il est possible de déterminer le type de spondylolisthésis dont vous êtes atteint. En plus, cet acte d’imagerie permet aussi de déterminer la gravité du problème. Mais il est aussi possible de faire des examens complémentaires. Par exemple, pour voir s’il y a une fracture de l’isthme, vous allez pouvoir faire un scanner du rachis. Une IRM peut aussi être prescrite afin de mieux voir la racine nerveuse écrasée entre les deux vertèbres qui posent problème, ainsi que d’analyser l’état du disque intervertébral. Et pour finir, une électromyographie peut être faite, afin de pouvoir déterminer si les muscles de la colonne sont touchés. Mais généralement, cet examen est fait seulement s’il subsiste un doute par rapport au spondylolisthésis.

5) Qui peut être touché par le spondylolisthésis

Le spondylolisthésis lombaire touche entre 4 à 8% de la population. Parmi le patient, nous retrouvons souvent les sportifs de haut niveau, qui pratiquent un sport nécessitant de régulièrement courber ou faire tourner la colonne vertébrale. De plus, il est généralement constaté chez les adolescents et les jeunes adultes.

6) Les facteurs favorisant le spondylolisthésis

Le spondylolisthésis peut être provoqué ou favorisé par de nombreuses choses. Par exemple, les activités sportives qui nécessitent une rotation régulière de la colonne vertébrale peuvent entraîner un spondylolisthésis. Parmi ces sports, nous retrouvons la gymnastique rythmique, la danse, l’aviron, l’équitation ou encore les sports de lancer. Ensuite, les emplois qui nécessitent de prendre une position penchée en avant sont eux aussi à risque. Et chez les enfants, le risque est présent lorsque celui-ci se voit contraint de poster un sac trop lourd.

Et pour ce qui est du spondylolisthésis lombaire dégénératif, il peut être favorisé par la ménopause, ou encore par l’ostéoporose.

7) Quels sont les symptômes du spondylolisthésis

L’un des premiers symptômes du spondylolisthésis est la douleur lombaire. C’est d’ailleurs souvent à cause de ce genre de douleur que le spondylolisthésis est découvert.

Ensuite, le spondylolisthésis peut souvent être découvert grâce à une lombalgie basse. C’est-à-dire que vos douleurs dans le bas du dos peuvent être soulagées par une posture penchée en avant, ou encore par une position penchée en arrière. Cette lombalgie peut être plus ou moins grave.

La sciatique et la cruralgie sont aussi des symptômes du spondylolisthésis. En effet, lorsque l’une des vertèbres glisse vers l’avant, il se peut que le nerf sciatique, ou qu’un disque intervertébral se retrouve compressé, entraînant donc ce genre de problèmes. C’est pour cela que de nombreuses personnes souffrant de spondylolisthésis ressentent des douleurs dans leurs jambes.

Le syndrome de la queue de cheval peut aussi être observé chez les patients souffrant de spondylolisthésis, à cause de la compression du bout de la racine nerveuse de votre colonne vertébrale. Ce syndrome peut facilement être repéré, car il entraîne des problèmes de constipation, et des douleurs pelviennes.

Le spondylolisthésis peut aussi entraîner une paralysie partielle ou complète de vos membres inférieurs. Il est donc possible de ressentir comme une faiblesse au niveau des genoux, ou encore l’incapacité de marcher sur la pointe des pieds, ou encore sur le talon. Le spondylolisthésis est donc à prendre très au sérieux, car la pression exercée peut aller jusqu’à entraîner une paralysie complète.

Et pour finir, le spondylolisthésis peut aussi entraîner des problèmes de claudication, ou encore des sensations d’engourdissement.

8) Comment soigner le spondylolisthésis

Le spondylolisthésis peut être traité lorsque celui-ci est douloureux, sans pour autant être lié à des troubles neurologiques. Il est possible par exemple de prendre des antalgiques et des antiinflammatoires afin de calmer la douleur lorsque des crises se font sentir, une rééducation peut être mise en place de manière à renforcer les muscles maintenant la colonne vertébrale en place, et parfois le traitement peut aller jusqu’à la pause d’un plâtre lorsqu’une fracture de l’isthme est constatée.

Si jamais des lésions neurologiques sont constatées, ou si le traitement n’est pas efficace, une opération peut être envisagée, de manière à pratiquer une arthrodèse (afin de libérer les nerfs comprimés), ou encore pour faire fusionner définitivement les deux vertèbres touchées.

9) Comment prévenir le spondylolisthésis

Les professionnels de santé recommandent de prendre certaines précautions pour éviter l’apparition ou l’aggravation du spondylolisthésis. Par exemple, si votre emploi représente certaines contraintes physiques, vous pouvez demander une adaptation de poste. Vous devez ensuite éviter les activités sportives qui favorisent l’apparition du spondylolisthésis, et essayer au contraire de pratiquer un sport qui vous permet de renforcer les muscles soutenant la colonne vertébrale. Vous devez aussi éviter au maximum le port de charges lourdes. Et pour finir, vous devez effectuer quelques contrôles radiographiques (environ tous les cinq ans) pour déceler l’apparition ou l’évolution du spondylolisthésis.